Rencontres du bouddhisme & de l'Occident : bilans polémiques, hypothèses & fictions...


PLAN DU SITE bouddhismes  

Le site http://bouddhismes.info rencontres du bouddhisme & de l'Occident, bilans polémiques, hypothèses et fictions comporte un éventail d'articles en ligne qui proposent un débat francophone en matière de bouddhisme, mais surtout d'euro bouddhisme et de néo bouddhisme. Sont abordées par le webmestre du présent forum, et sous la forme de fiction spéculative,  les trois questions classiques de l’attachement (bouddhisme & dépendance), de l’aversion (bouddhisme et violence) et de l’ignorance (bouddhisme & débat)

Vous retrouverez ci-dessous le menu proposé aussi en haut du présent site, sous la forme étendue d’une table des matières (plan du site) précise :

                    

1. Bouddhismes & dépendance

Vers un euro bouddhisme désenchanté

Le principe de plaisir et le principe de réalité dans la démarche spirituelle

Une réfutation raisonnée du dogme bouddhiste est possible

Les paradoxes et les ambiguïtés de Sa Sainteté le Dalai Lama

Des pratiquants parfois désenchantés après 20 à 30 années de découverte du milieu

Des craintes de nouvelles dépendances subtiles : la dimension "addictive" éventuelle

Quelques dérives sont notées au sein des pratiques sociales au nom du bouddhisme

Des scandales regrettables ont émaillé l'histoire récente du bouddhisme en Occident

A quoi peut servir un mandala du tantrisme bouddhique ? Quelques spéculations.

               

2. Bouddhismes & violence

Vers des dérives éventuelles de pratiques courroucées

La question de la perversion du lien et de la violence perverse

Et si une personnalité violente s'emparait des pratiques courroucées des protecteurs ?

Cas supposés de violences rituelles commises dans un contexte tantrique bouddhiste

Les droits des victimes d'abus et les démarches qui peuvent être accomplies

Liens utiles, ressources en ligne, sites web de références, pages web à consulter

A Patchwork of contributions in English with quotes and critical links

                       

3. Bouddhismes & débat

Vers une prise de conscience Internet en temps réel

Echos, retours, feed-back sur le site bouddhismes en provenance du Web

AddictTest : jeu. Evaluez (ceci est un jeu) le caractère addictif d'une organisation

Découvrir les textes de Frère Félix et son interview croisée avec le webmestre du site bouddhismes

Livres de Marc Bosche au format PDF à télécharger

Espace Dazibao. Réagissez au contenu du site et publiez votre graffiti en ligne !

Le contact avec le webmestre et les archives en ligne du forum bouddhismes & dépendance


                                                                                                                                                        




Le film "little Buddha" de Bernardo Bertolucci , 1993




Présentation du site bouddhismes

Un portaild'essais & de fictions spéculatives

Le site explore librement, et de manière très personnelle, l'imaginaire de la nouvelle relation du bouddhisme (ou plutôt des bouddhismes) et de l'Occident.

"Bouddhismes" est un assemblage de textes composant une fiction en ligne. Il s'est construit à partir d'un web-forum interactif dont l'adresse est donnée dans le menu ci-dessus, et dont certains contenus ont été adaptés à la forme du présent weblog.

Car si la réalité dépasse souvent la fiction, l'auteur ne prétend pas à la vérité dans ce domaine qui appartient tout autant à la vie imaginaire qu'à la vie pratique. Une couleur, un point de vue se dégagent clairement de ces pages web et l'auteur ne postule pas à une impossible neutralité dans ce champ ambigu de la passion spirituelle. Il s'agit bien pour ces modestes pages d'une auto-fiction qui bénéficie ainsi de la liberté d'expression romanesque. Ah ! La sérénité fait vraiment couler beaucoup d'encre...

                     

Le récit "Sept ans au Tibet" de Heinrich Harrer adapté à l'écran en 1997 par Jean-jacques Annaud,
avec Brad Pitt dans le rôle de l'alpiniste du régime nazi et Jamyang Jamtsho Wangchuck dans celui du dalai lama.

                                                                                                                                                         


L'image sereine du bouddha ou le principe de plaisir

Libérateur, apaisant, bienfaisant, bienveillant : le bouddhisme dispose d'une excellente image en Occident, où son implantation est récente. Il y a cependant plusieurs bouddhismes et certaines formes plus dévotionnelles ou répétitives sont aujourd'hui mieux comprises. En particulier on se demande désormais si le tantrisme bouddhique ne pourrait pas, ici ou là, comporter des dimensions addictives. Sa pratique loin de libérer des "attachements" serait-elle en fait dans ces cas une nouvelle forme de dépendance, plus subtile, mais aussi plus insidieuse ? Nous ne prétendons pas donner de réponse simple à cette question plurielle. Et le débat est ouvert.

L'enthousiasme des débuts est également à prendre avec tout le sérieux qu'on lui doit : c'est un moteur de certaines communautés qui renouvellent fréquemment leur effectif de bénévoles, stagiaires pratiquants et autres travailleurs sans gages (et peut-être sans déclaration à l'URSSAF ?). Que deviennent les adeptes après l'enthousiasme des débuts, s'investissent-ils autant ? S'investissent-ils autrement ? Connaître les réponses à cette question nous permettrait de comprendre comment fonctionne l'adhésion des nouveaux sympathisants, puis des adeptes de plus longue date, et peut-être d'envisager une dépendance (ou une indépendance) évolutive dans le temps...

Pour certains nouveaux adeptes de la religion bouddhiste (ne généralisons pas), il y a un statut, une identité apparente, à affirmer et à maintenir. L'affirmation d'une "personnalité bouddhiste" a ses couleurs et ses qualités mais elle est aussi une pose, une expression de l'ego, un masque social (persona). Attention toutefois à ne pas tomber dans le piège de la discrimination sur la base de l'appartenance religieuse, et à rester dans l'examen attentif et bienveillant des pratiques sociales.

Une dépendance ordinaire en somme ? [Ce sont sans doute les plus tenaces...]

Mais alors est-ce si grave, est-ce un sujet particulier de préoccupation, si après tout de nouveaux adeptes du styles de vie bouddhistes ne sont ni plus ni moins égocentrés que leurs contemporains ?

C'est une interrogation essentielle, car on sait à quel point nos contemporains et nous-mêmes sommes accrochés au maintien de notre image sociale, de nos accessoires en somme.
Certains styles de vie qualifiés à tort sans doute de "bouddhistes" seraient-il eux aussi un costume de l'ego, un habitus !? Et certains adeptes (sans généraliser, ni discriminer) de cette persona bouddhiste lui seraient-ils tout aussi attachés que nos concitoyens le sont à des images statutaires plus répandues ?

                                                                                                                                                         


Les pratiques sociales ou principe de réalité

C'est ce que ce développement souhaite modestement accomplir : "démythifier" (démystifier) ce récent phénomène social et prévenir les visiteurs des déceptions éventuelles avant qu'ils ne s'engagent parfois durablement. Ces anecdotes critiques qui ont pu être citées, ici et là ne visent pas à salir ou à troubler l'image d'une religion qui nous est à tous plutôt sympathique, mais à réveiller les attentions de nos visiteurs qui se laissent tenter par le "beau voyage spirituel" sans en interroger les pratiques réelles.

Il faut nécessairement interroger la réalité des pratiques sociales du bouddhisme aujourd'hui, et ne pas fermer les yeux sur les dérapages, c'est il me semble le message que chacun à sa manière a pu apporter sur les colonnes de ce portail. Et si un groupe, ou un instructeur, voir un élément de dogme ne passe pas le test, un bon conseil, je crois, est de passer son chemin et d'aller voir ailleurs, voire de faire son chemin seul s'il n'y a pas d'autre voie sûre. Le plus essentiel pour les nouveaux qui découvrent ces écoles initiatiques du bouddhisme est d'éviter de couper la branche de leurs relations sociales actuelles sur laquelle ils sont assis au profit d'une adhésion socialement coûteuse et décevante (par exemple à un mandala de practitioners tantriques qui pourrait le leur suggérer implicitement sans leur offrir vraiment de projet stable en retour).

En bref, être au moins aussi "picky" et "choosy", c'est à dire aussi pointilleux pour le choix de son école bouddhiste que pour le choix de sa prochaine auto ou de son prochain écran plat de télé !! Vous comprendrez, je crois, le second degré de cette suggestion. Nous développons des trésors d'ingéniosité pour faire des achats quotidiens, allant jusqu'à examiner les modèles d'autocuiseurs ou de fer à repasser dans des magazines qui les ont testés, ou allant jusqu'à comparer leurs prix grâce à des comparateurs sophistiqués sur Internet. Or pour le choix d'une école spirituelle, ou d'une nouvelle religion minute, ce qui est quand même autrement plus important et sérieux, nous fermons les yeux, disons "bouddha, que ta volonté soit faite !", prenons naïvement tous les risques d'être floués ou déçus, et décidons à chaud sans savoir dans quoi nous nous engageons. Puisque la quête du bouddha est devenue le grand spiritual supermarket que nous savons, je suggère d'appliquer les règles et les exigences que nous avons pour le supermarché quotidien de nos désirs, règles basées sur l'examen attentif, la comparaison critique, l'élimination sans hésitation des options moindres, et le refus du moindre doute et de la moindre anomalie !


A quand un "Que Choisir ?" consacré au bouddhisme ?!! Mais un modèle passerait-t-il le test avec plus de dix sur vingt ?!! Et où est la garantie, la responsabilité du fournisseur ?!! On le voit ce type d'approche permet de comprendre que certaines écoles bouddhistes font supporter à leurs usagers tout le poids de leurs responsabilités institutionnelles au lieu de les assumer. Au final la responsabilité de l'échec, de la déception voire de l'abus éventuel est toujours supporté par l'usager et jamais par l'institution au nom du sacro-saint "karma", bien utile pour dédouaner l'institution de la moindre responsabilité.


Il me semble que nos contemporains n'ont pas à faire des chèques en blanc à des groupes de cette nature, puisqu'ils ont aussi des droits, ils doivent pouvoir obtenir le "satisfait ou remboursé" de diverses manières, ainsi qu'une compensation convenable si les choses tournent mal, ou si l'on a abusé en retour de la confiance qu'ils ont offert !
"Pas d'éveil spirituel obtenu par cet élève bouddhiste après vingt ans de pratique dans cette école ?! Remboursez et compensez pour le non respect des promesses marketing !!! " Comme chez Darty ! La bouteille de champagne en prime.

                                                                                                                                                        

             

Quel paradoxe ! :


Les modèles de lecture du monde ne restituent pas vraiment cette image complète de l'expérience, de la réalité telle qu'elle est, avec sa souffrance, son potentiel positif etc.

C’est sans doute, comme il a souvent été noté, la fin des idéologies, le déclin de ces approches en "-ismes" qui ont eu légitimement sans doute leur heure de gloire et leur importance : christianisme, positivisme, matérialisme, marxisme, etc. Le dernier en date à s'être exposé puis désenchanté étant peut-être le bouddhisme.

Il me semble qu'aujourd'hui nous commençons à mieux percevoir en quoi toutes ces idéologies mutuellement exclusives (le bouddhisme étant l'une des dernières à avoir eu du succès en Occident avec l'effet dalaï lama) ne seraient plus les outils de l'esprit satisfaisants pour notre époque. C’est du moins mon impression.

Notre époque connaît un peu mieux l'accès à l'information en temps réel, à l'Internet, les technologies et les sciences qui pénètrent plus profondément la réalité, et surtout les enjeux planétaires, l'urgence de réfléchir à sa survie, ainsi que la place de la Terre dans l'univers.
Tout cela fait voler en éclat les idéologies, qui sont trop "petites", trop "étroites", trop simplistes pour rendre compte de la complexité et de l'ouverture extraordinaire des esprits aujourd'hui.

Voici la conclusion du livre en ligne gouttes de rosée au jardins du lotus qui évoque aussi cette question :

"Quel paradoxe : la recherche de la sérénité pourrait-elle aussi connaître, comme d’autres traditions, certaines tentations de se clore ? Le message du bouddha servira-t-il alors de dogme et non plus de gnose ? La fontaine orientale des mystérieuses pratiques de méditation coulera-t-elle encore, ou est-elle déjà pétrifiée ? Des écoles qui sont à bout de souffle en Asie peuvent-elles encore promouvoir un humain en révélation progressive, et accepter les individus d’aujourd’hui ?
L’humanité, dans sa complexe, diverse et foisonnante évolution, échappera-t-elle à l’idée théâtrale d’une félicité jalousement gardée par des maîtres à penser revêtus d’une longue épitoge ? Selon nous, la quête essentielle passe par soi, par les autres, et n’a pas besoin de grand décorum...

La perte d’audience des bouddhismes en Asie, le déclin probable, sinon inévitable, de leur mode en Europe, ne sont donc pas seulement le fait de l’apparition progressive d’un monde plus scientifique, plus technologique et plus informé. Comme l’écrit le prix Nobel de littérature V.S. Naipaul (cité en 2002 par l’hebdomadaire Newsweek) au sujet de la quête humaine du bonheur : « l’idée de l’individu, de la responsabilité, du choix, de la vie intellectuelle, de la vocation, de la perfectibilité et de l’accomplissement : c’est une idée humaine immense. Elle ne peut pas être réduite à un système fixe. Elle ne peut pas générer du fanatisme. Mais on sait qu’elle existe et, à cause de cela même, les autres systèmes plus rigides éclatent finalement...»

Que des systèmes bouddhiques rigides éclatent déjà sous la pression de leurs schismes et de leurs contradictions, la statue admirable sourit... comme si de rien n’était."

         

                                                                                                                                                          

Recompositions communautaires

On retrouve aussi, ici et là, des dérives communautaires dans d'autres religions aujourd’hui, du fait de la montée en puissance de tentations néo-fondamentalistes et de replis, voire de crispations. Le bouddhisme, c’est du moins ce que j’ai crû découvrir parfois au sein de certaines mouvances du tantrisme en particulier d’origine himalayenne, ne fait hélas pas exception. Mais ces crispations identitaires sont sans doute moins alarmantes que dans d’autres religions. Cependant au sein du bouddhisme d'origine himalayenne les tentations du pouvoir shamanique et de "l'hubris" symbolique des « protecteurs courroucés » sont fortes désormais en Occident. Lorsque la soumission à l'autorité, la fusion dans le groupe et le poids des rituels s'ajoutent à ces possibilités d'intimidation par l'image effrayante des gardiens courroucés, c'est tout le message du bouddhisme qui est dénaturé. Cette inversion du sens est très décevante pour les Occidentaux pour lesquels « bouddhisme » rimait encore récemment avec « idéalisme », c'est-à-dire avec paix et non-violence. Avec les pratiques rituelles et les images courroucées venues des himalaya le bouddhisme a mis un tigre dans son moteur en Occident, mais il a peut-être déclenché plus sûrement encore sa désaffection, car les Européens attendaient une voie de sagesse et de sérénité, et ne se satisferont probablement pas en son lieu et place de l'ambiguïté de cultes à l'imagerie sanguinaire...

                 

Photo ci-dessus : Mahakala, protecteur courroucé. Son culte rituel flamboyant est souvent célébré quotidiennement dans des "centres du dharma" d'origine himalayenne. Il tient un crâne rempli de sang, brandit un grand couperet affûté, arbore son collier de têtes fraîchement tranchées et piétine des silhouettes humaines.

                 

                                                                                                                                                              

Objectifs du site

Une lectrice attentive qui suggérait des éclaircissements sur le profil de l'auteur nous a demandé aussi d'expliquer le but, l'objectif, la raison d'être de ce site. Et je suis confus, en effet, de ne pas avoir pensé à l'écrire, simplement, à l'usage des internautes qui ouvrent ces pages au hasard, parfois, d'une recherche par mot-clef sur un moteur.
J'ai mis en ligne ces contenus, qui comprennent d'ailleurs beaucoup de brèves citations d'autres auteurs, pour informer les personnes nouvellement intéressées par le bouddhisme des zones d'ombre que comportent aujourd'hui certaines des pratiques dites du néo bouddhisme. Ce travail n'ayant pas été, à notre connaissance, fait à fond par les prescripteurs, les enseignants, les directeurs et les animateurs d'écoles de méditation, sans doute effrayés à l'idée de montrer les aspects moins attractifs de certaines propositions spirituelles.
C'est parce que les sites sur le bouddhisme montrent d'abord l'aspect prometteur, séduisant du bouddhisme que j'ai délibérément dédié ce site à des aspects moins engageants, afin d'établir une sorte de contrepoids, d'effet de balancier, et que chacun puisse se faire une idée plus informée et contrastée, et élaborer son propre point de vue.  En mettant en perspective les sites de promotion du bouddhisme avec les sites à tonalité critique listés dans la page des "liens bouddhisme"  http://bouddhismes.info/6.html

Chacun devrait pouvoir se faire une image plus équilibrée et réaliste de ce phénomène social. Peu d'écoles bouddhistes incitent vraiment à la prudence, en montrant tous les risques, car elles sont structurées pour fédérer, et non pour repousser d'éventuelles adhésions. En revanche, par son indépendance, par l'absence de projet ou d'activité commerciale en relation avec le bouddhisme et de lien avec ses promoteurs, ce site peut adopter un ton libre et traiter les problèmes sans fausse pudeur.


A qui ces pages s'adressent-elles ?

Ces pages Web sont en particulier destinées à ces personnes jeunes et idéalistes, prêtes parfois à tout quitter et à s’engager dans le tantrisme bouddhique, voire dans une retraite collective de trois années, sur un coup de cœur, pour ne pas dire sur un coup de tête. J’aimerais être certain que celles qui liront ces textes auront des éléments concrets pour leur éviter de faire des "bêtises", ou tout simplement des choix prématurés, qu'elles regretteraient plus tard, comme quitter abruptement leur emploi stable, se séparer inopinément de leur conjoint, voire laisser leurs enfants sans père ou sans mère à la maison et sans pension alimentaire, se couper progressivement de leur réseau, professionnel, familial, social et amical pour devenir bénévole dans un « centre du dharma ».
D'autre part les personnes qui ont fait des séjours en clinique psychiatrique à la suite d'expériences yoguiques difficiles au sein d'écoles du tantrisme bouddhique (suite à quelque "retraite" collective ou individuelle ou à des pratiques mantriques avec des visualisations  intensives) ne sont pas si rares, l'auteur de ces pages en a déjà connues plusieurs au fil de ces quinze dernières années. Et si ce site, par ses appels au discernement, évite un jour ne serait-ce qu'un seul incident psychiatrique, il aura plus que rempli son bon office...



Pas amer

Enfin à cette lectrice attentive qui avait également crû déceler la déception, voire l'amertume d'un ancien disciple dans ces pages Web, j'ai répondu ainsi, et j'espère que cette réponse ne manquera pas trop de modestie :

"Je ne suis pas amer, ni déçu, contrairement à ce que vous supposez, j'ai eu la chance de découvrir aussi le bouddhisme dans ses meilleurs aspects, et ces rencontres sont inoubliables. C'est d'ailleurs parce que j'ai élaboré mes grilles de lecture au contact d'excellents exemples que j'ai parfois comme vous le suggérez la dent un peu plus dure. Oui : la confrontation de la réalité et de la théorie, comme vous l'écrivez, est intéressante, et j'espère que c'est cette impression qui vous restera de ce site..."



                                                                                                                                                                  


Actualités : le Little buddha du Népal est-il une création médiatique ?



राम बम्जन

Le "little Buddha" du Népal, 2006, vu de loin en digital video,
il ne s'agit pas pour autant de cinéma...

            

Ne concluez pas des paragraphes précédents que l'aventure serait impossible, c'est ce que nous montre un nouveau venu qui fait beaucoup parler de lui, sans dire un mot : on l'appelle déjà little buddha, et ce n'est pas un film...



Little buddha existe, je l'ai  vu à la télé !
           
(Palden Dordjé, ou राम बम्जन Ram Bahadur Bomjon de son nom religieux, parfois aussi transcrit : Ram Bahadur Banjan )

J'ai illustré le site de deux photos du "little buddha" du Népal, ce jeune homme (Ram Bomjon) qui médite en samadhi depuis huit mois au pied d'un arbre. On pourra trouver la photo ci-dessus sur cette présente page d'accueil.

En effet la terrible passion religieuse, l’attention énorme portée sur lui, le cercle des curieux autour des deux cercles concentriques de clôtures risque de constituer des obstacles difficiles… Difficile de ne pas se sentir assiégé, il lui faut vraiment une sérénité à toute épreuve…

Mais je dirais que dans l’ensemble cette histoire reste encore intéressante, même si elle risque de verser progressivement dans le sensationnel et ses illusions.

Oui, comme me le disait une amie sur son blog (T., vous vous reconnaîtrez !) la réflexion, c’est peut-être ce qui manque à la force de cette juvénile expérience qui est désormais rendue médiatique…

Mais je garde mon crédit à ce jeune homme, c’est tout ce que je peux lui donner pour l’accompagner, pas grand chose donc : j’essaye juste de voir son pari méditatif de manière positive.

Décidément notre “little buddha” fait couler beaucoup d’encre !Je veux dire par là que ce garçon est net, qu'il n'est encore mouillé dans aucun scandale, et que personne n'a eu à souffrir de lui, de ses choix, de ses paroles, ni de ses actes. C'est lui qui prend des risques, il n'en fait pas prendre à d'autres en son nom.
Alors je n'ai aucune raison de lui refuser le crédit qu'on doit a priori à toute personne qui se lance, qui essaye, qui prend des risques personnels pour une cause somme toute estimable et respectable. Et en plus sa jeunesse fait que je me dois de le traiter avec des égards, car en plus il a le droit à l'erreur. A seize ans, il a le privilège de pouvoir essayer, sans que ce ne soit a priori suspect.



Il a seize ans, et je lui laisse le privilège du doute, et même le droit à un peu d’orgueil lorsqu'il donne des conseils à ses proches sur leur alimentation  (il leur a conseillé de s'alimenter de manière végétarienne). Il ne demande ni argent, ni reconnaissance, ni pouvoir : il a commencé tout seul dans cette jungle sombre et un peu hostile, avant d’être rattrapé par la fascination des hommes (il paraît même que la forêt a été défrichée progressivement autour à cause de l’engouement que sa présence a amené).

Sa méditation est publique certes, mais il ne l’a pas recherché. Il est moins public qu’un tulkou qui se hisse sur un trône pour répéter les leçons apprises de son précepteur. Il est assis au creux des racines de cet arbre, en toute simplicité. J’ai une certaine sympathie pour cet esprit des débutants ou des novices qui soulève les montagnes.

Bien entendu le devenir et la caisse de résonance de cette aventure sont des incertitudes supplémentaires pour le jeune méditant. Je crains aussi pour sa santé.

Mais cela ne me déplait pas quand quelqu’un fait quelque chose sans calculer, sans discours, sans blabla. Just sit and meditate : juste s’asseoir et méditer. C’est aussi une belle leçon qu’il donne à tous les bavards dans mon genre.

J’aime bien aussi qu’il ait eu envie de tenter l’aventure du bouddha, lui-même, avec sincérité et en s’engageant vraiment, je respecte cela. J’ai tendance à dire “respect, Monsieur”. Il a dit d'ailleurs qu'il n'était pas un bouddha, et qu'il aspirait à devenir un "bodhisattva"...

A titre personnel j’apprécie le fait que ce jeune homme s’est lancé tout seul, qu’il a été rattrapé par la fascination des autres, mais qu’il continue quand même son chemin seul. Je veux dire par là qu’il n’est pas dans un centre de retraites collectives, qu’il n'a pas besoin de la visite d’un "gourou" pour poursuivre ou orienter son expérience, et qu’il compte sur ses forces et sur la présence d’un jeune parent pour l’assister et tenir à bonne distance les curieux. Le soir à 5 heures, un rideau est placé afin qu'il soit soustrait à la vue du public, et cela jusqu'à 5 heures du matin.

Je pense que c’est une bonne chose aussi que sur les forums de sensibilité bouddhiste on montre aujourd’hui les aspects illusoires, fascinants de ce phénomène cultuel et médiatique.

Ce jeune garçon qui médite au départ sans soutien institutionnel (et qui rallie aujourd'hui de nombreux admirateurs inévitablement), montre bien que la pratique du bouddhisme dépend des qualités de la personne, des conditions de l'environnement aussi, et que l'intercession d'un maître spirituel n'est pas un passage obligé. Mais, il semble que la fascination soit telle qu'un nouveau culte émerge actuellement. Ce qui risque de déranger ce méditant, ou de l'assiéger littéralement de passion et d'attention dont il se passerait sans doute fort bien. La chaîne de télévision Fr2 a consacré un reportage d'envoyé spécial à ce sujet et sans doute certains l'ont vu aussi à la télévision récemment.

               

Photo :jeune homme âgé de 16 ans, surnommé affectueusement "little buddha" par le voisinage,
méditant en samadhi au pied d'un arbre depuis 8 mois, au Népal, à 300 kms  environ au Sud de Kathmandu,2006. Aujourd'hui, sans doute las de la publicité et de la pression médiatique et mercantile, Ram Bahadur Bomjon a "déménagé" vers des contrées plus tranquilles, lointaines et profondes de la jungle népalaise, loin des lamaseries, des échoppes de souvenirs et des objectifs des caméras vidéo, juste accompagné de quelques proches, afin de poursuivre tranquillement son aventure spirituelle sans la dénaturer...

                 

Comme on le devine peut-être (?) sur la photo ci-dessus notre little buddha sort de temps à autre de l'absorption profonde pour ouvrir les yeux, sourire un instant comme s'il passait d'une expérience de réalité à une autre, et revient vers le samadhi.

Personnellement je ne suis pas tout à fait convaincu qu’il ne mange, ni ne boive, ni n’aille à la toilette comme il est dit. La question de savoir s'il se nourrit ou s'il se réhydrate est sans doute secondaire d’un point de vue des idées ou de son message d’éveil spirituel, même si elle devient un sujet aussi de fascination pour les medias. En tout état de cause s'il s'alimente ou se réhydrate (ce qui serait bien normal d'ailleurs et sans doute indispensable !) il semble le faire très discrètement, au point que personne ne le voit ni boire, ni manger, ni aller à la toilette.

A titre personnel cela me fait plaisir de voir que l'aventure authentique de la méditation reste possible sans aucune interface institutionnelle, même si de nouveaux marchands du temple sont déjà aguichés par le nouveau jack pot d'un "bouddha vivant" et que le monastère local est fier de cette nouvelle légitimité (c'est tout à leur honneur) et de cette nouvelle pertinence en s'associant à l'initiative individuelle du jeune homme en méditation...

Les médias occidentaux aussi, qui vendent de l'espace publicitaire aux annonceurs, se saisissent aujourd'hui de cette nouvelle insolite. Histoire de prendre le train de l'éveil en marche pour gagner quelque argent avec la fascination collective pour celui... qui a justement renoncé à l'argent.

La force et le courage discret de l'initiative de ce très jeune homme sont des facteurs encourageants, et - éveil complet, relatif ou conscience ordinaire au bout de son chemin - il nous a déjà tous fait avancer par son exemple si modeste et si humain. Le tout est qu'il ne force pas et garde sa santé. Car même au nom de l'éveil, la préservation de la vie reste toujours la priorité.

Franchement il m’a "épaté", et c’est agréable aujourd’hui d’être étonné par tant de simplicité.  En revanche son statut d'enfant de milieu modeste, issu d'un pays pauvre lui vaut sans doute la condescendance d'Occidentaux en quête d'une image idéale du bouddhisme, ou plutôt d'une image statutaire, valorisante de cette quête spirituelle. Le modeste lieu de méditation dans la forêt, la robe de coton un peu passée, la fine poussière sur le corps, l'entourage humble de ses voisins qui le soutiennent et le protègent des intrusions, agissent sans doute inconsciemment pour repousser certains Européens. Ils ont recours à une certaine dévalorisation du jeune homme népalais, allant jusqu'à réduire (je l'ai lu), ses qualités à celles de l'arbre qui l'abrite, ou à invoquer l'argument de la foire à la spiritualité, de l'exploitation commerciale pour le déconsidérer, non sans une certaine cruauté. En réalité c'est un peu des rapports pays riches / pays pauvres qui se jouent ici. Des Européens des classes moyennes considèrent le bouddhisme comme un signe de standing et de distinction sociale en Occident. Alors ne voient-ils pas (sans sans rendre compte) d'un mauvais oeil cet enfant asiatique issu d'un milieu modeste et d'un pays pauvre s'asseoir spontanément plus de douze heures par jour en samadhi sous un arbre ? Pour les Occidentaux des pays riches, en dépit de leurs gadgets de méditation, de leurs coussins spéciaux, de leurs centres du dharma clinquants, le "samadhi" c'est  encore une promesse vague, et l'éveil juste un sujet de conversation sur les forums... Cet adolescent asiatique qui pratique aisément et dans une pauvreté totale est pour eux, et leur coeur parfois desséché par le confort, une terrible gifle. Ou plutôt  le jeune Népalais leur tend un miroir étincelant pour qu'ils s'y voient, mais ils n'aiment pas le reflet peu flatteur et très exact qui leur est ainsi restitué.

Alors je croise les doigts pour que son aventure lui apporte le meilleur, et pour que le reste lui soit épargné, c’est un voeu pieux, mais ne faut-il pas se laisser étonner par les jeunes, lorsqu’ils manifestent beaucoup de mérite et de courage ?

Et puis quand il en aura assez de la foire autour, il fera le nécessaire : s’arrêter, continuer, déménager un peu plus loin des projecteurs et des admirateurs… Pas si facile… Il verra bien…


राम बम्जन

Pour en savoir davantage lire l'article détaillé de Wikipedia (en anglais, et qui comporte en-bas de sa notice de nombreux liens utiles) :

http://en.wikipedia.org/wiki/Ram_Bonjom

Et ces articles trouvés sur des sites et des blogs francophones :

http://www.marianne-en-ligne.fr/exclusif/virtual/bizarre/e-docs/00/00/52/49/document_web.phtml

http://www.planetpositive.ch/version_2_0/news/articles/1560/des_nouvelles_de_ram_bahadur_bomjon.html

http://french.epochtimes.com/news/5-11-30/3074.html


Et pendant ce temps राम बम्जन Ram Bahadur Bomjon (Palden Dordjé) médite...




           

                                                                                                                                                                    

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To translate any page of this website in English or in any of twelve languages including Chinese, Korean, Japanese, Greek, German, Spanish and Russian (computer generated automatic translation), choose “Website translator” after clicking the link below, and paste the Url address of the webpage you wish to translate. It is also possible to copy and paste any section of the text to get an instant translation by clicking the "text translation" button :

Traduction automatique possible de chaque page web du site à partir de son adresse url ("website translator") ou au choix par copier-coller de sélections de ses textes ("text translator") en douze langues dont le chinois simplifié (RPC), le chinois traditionnel (Taiwan), le japonais, le coréen, le grec moderne, l'allemand, l'espagnol et le russe (cliquer sur le lien ci-dessous) :

http://worldlingo.com/en/products_services/worldlingo_translator.html





                                                                                                                                                                    

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